Quand on part, surtout sur un voyage si longue et si invisigeable, les personnes en donnent enormement de conseils. Souvent, à mon avis pour rassurer et montrer qu'ils pensent à toi et ce que tu vas bientot faire. Ses conseils sont assez variés, en concernant la sécurité, les choses à faire et voire, et parfois simplement le ridicule (si tu vois les serpents ne marche pas dessous). Au moin ses derniers sont rigoloux.
Un avis, plutot, qui m'a été presenté était de me laisser se perdre en quoi que je trouve ici à Marrakech. Il est beau comme sentiment et si je pourrais me perdre dans une beauté à un hauteur égal à ce conseil je le ferrais sans le moindre hésitation.
Ce que je suis en train de découvrir, en revanche, est qu'il y a un vrai danger dans l'idée de se perdre à cause de ce qui suit: la ligne entre se perdre et se noyer est extremement obscure et on ne sait pas qu'on est sur la lisière jusqu'au dernier moment. Dans une ville où je vie toujours et presque uniquement les extremes, la richesse et la pauvrété, la femininité sublime et le machoisme total, la solitude profonde et la foule écrassante, il n'est pas etonnant que parfois je vais moi meme un peu trop loin.
'Se noyer' s'est produit quand ce qui est autour devient trop haut, la terre dispairaissant, et on peut rien faire sauf etre pris dedans. Mais la différence entre noyer vraiment et se noyer figurativement est qu'avec le premier quand finalement on se mette la tete à l'air et recommence, à peine, à respirer, il est un procesus douleureux et contre nature. Par contre, quand on retrouve la capacité à respirer parmi les sentiments de 'je ne peux plus' et 'il est trop difficile', elle est sans tusser, sans lutter, sans peur. Il y a un certain calme qui vient. Il est un peu comme sortant de la mer; il y a un soleil qui rechauffe et soulage, un vent qui nourrit et guérit, et une tranquilité dans un moment malgré tout qui peut se passer après (la sable collée aux pieds, un soleil trop chaud, les lunettes de soleils volées, etc). Il est ce moment quand on sent les rayons sur la peau, et on prend conscience qu'on les sent, qu'on peut encore une fois se mettre sur le chemin à Qui Sait Où, à destination de Je N'ai Aucu'un Idée.
mardi 19 juin 2007
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1 commentaire:
se perdre pour se trouver...
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